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 Le Conte (Fiche de Synthèse)

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celineb

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Date d'inscription : 21/09/2017
Localisation : Hauts-de-France

MessageSujet: Le Conte (Fiche de Synthèse)   Mer 13 Déc - 10:21

Le Conte

I. Définition :

Le conte s'inscrit dans le grand genre littéraire du récit. Il en est, comme la nouvelle littéraire, un sous-genre.

Il présente des ressemblances avec la nouvelle, mais également des divergences que nous préciserons plus loin.

Son origine est très lointaine. L'homme a toujours aimé raconter, imaginer, enchanter un auditoire. Au commencement, en effet, l'origine du conte est orale. Ce n'est que par la suite qu'il a relevé de l'écrit.

C'est en fait un récit généralement court, plus bref que le roman, autre genre narratif.

Le conte est marqué par la schématisation des événements qu'il narre aussi bien que par celle des personnages qu'il met en scène. Cela manifeste bien son origine orale : comme la commedia dell'arte dans le genre théâtral, elle aussi fondée sur l'oral et l'improvisation, le conte avait besoin de s'inscrire dans une tradition bien rodée et relativement figée de façon à pouvoir être facilement mémorisé par le conteur et très accessible à son public.

II. Caractéristiques principales :

Insistons tout d'abord sur un fait : si ce récit est caractérisé par l'univers fictif et souvent fantaisiste dans lequel il évolue, ses péripéties imaginaires, « en tant que symboles d’événements ou de problèmes psychologiques, elles, sont parfaitement vraies », a dit Bruno Bettelheim. Cet auteur s'est en effet penché, dans sa Psychanalyse des contes de fées publiée en 1976, sur ce sous-genre littéraire et y a vu clairement son utilité pour la construction de la personnalité de l'enfant mais aussi du groupe social. Les conteurs anciens, que ce soit en Asie, en Afrique ou dans l'ancienne Europe, ne contaient pas en vain.

C'est la raison pour laquelle la notion d'épreuve a une grande importance dans ce genre : le héros, souvent schématique par ailleurs, valeureux chevalier ou Prince charmant, est confronté à une série d'obstacles qu'il doit surmonter avant d'atteindre son but, l'objet de sa quête. Le conte apparaît ainsi comme une leçon de vie, un apprentissage transmis par les sages et les anciens aux nouvelles générations.

Nous retrouvons là des notions qui nous sont familières : c'est bien le schéma actanciel traditionnel que l'on reconnaît avec ses différentes forces en action, le Sujet, L’Objet de la Quête, le destinateur, le destinateur, les adjuvants et les opposants (se référer à la fiche sur le système des personnages que j'ai élaborée).

III. Les formes du conte et les registres en présence :

Marqué par une relative simplicité narrative et actancielle, le conte n'est pas pour autant simpliste. Ses formes et ses registres sont divers. Ils ont été élaborés tout au long de l'histoire littéraire. On peut mentionner :

- Le conte de fées, rendu célèbre par Charles Perrault au XVIIème siècle. Dans ce type de conte, les "gentils" s'opposent aux "méchants" dans un univers merveilleux marqué par l'irréel et la magie pour triompher finalement. Le manichéisme et la portée éducative de ces contes sont aisément repérables.

- Le conte philosophique, que Voltaire a abondamment illustré. Citons les très célèbres Candide, Zadig ou Micromégas. Les personnages de ces récits évoluent dans un univers plus réaliste et moins féerique que dans le conte de fées. Bien que la fantaisie y soit bien présente, ils sont avant tout le reflet des conceptions idéologiques de leur auteur. Ils peuvent présenter une charge satirique puissante et une portée philosophique profonde, qui s'expriment toutefois avec légèreté et simplicité. Ce sont des genres brefs par ailleurs, sans "rien qui pèse ou qui pose", comme dirait Verlaine. Il n'est que de se référer à la scène de l'autodafé ou à la célèbre formule finale "il faut cultiver notre jardin" dans Candide de Voltaire.

- Le conte fantastique, qui a été pratiqué surtout au XIXème siècle par des écrivains comme Nodier, Hoffmann ou Grimm. Ce genre est proche de la nouvelle littéraire et est parfois confondu avec elle par la tradition dans la mesure où, dans les deux genres, s'observe un jeu subtil entre réel et irréel, c'est la fameuse "ambiguïté fantastique" de T. Todorov que j'ai mentionnée ailleurs, dans ma fiche sur la nouvelle littéraire.

- Le conte noir et le conte d’horreur vont s'attacher à cultiver l'angoisse et la frayeur chez le lecteur par l'évocation de faits sanglants ou terrifiants. Villiers de l'Isle-Adam et Edgar Poe sont des représentants fameux du genre.

- Les contes dit "étiologiques" ou explicatifs s'attachent à expliquer par une narration fictive un phénomène connu. Ils répondent à la question "pourquoi ?" et sont présents dans toutes les cultures. Citons quelques exemples de thèmes traités dans ces contes : pourquoi la mer est-elle salée ? Pourquoi les libellules ont-elles un corps aussi allongé ? Les Métamorphoses d'Ovide et Les Histoires comme ça de Kipling sont des ouvrages très connus qui relèvent de cette tradition.

- Les contes d'animaux et les contes facétieux. Les premiers mettent en scène des animaux qui, naturellement, vont s'exprimer comme vous et moi ; les seconds ont avant tout pour objectif de divertir dans la bonne humeur. Évoquons le Roman de Renart ou Le Baron Perché d'Italo Calvino, à la frontière du conte philosophique et du conte pour enfants.

IV. Ecrire un conte :

Il est conseillé de mettre au point tout d'abord un schéma narratif et un schéma actanciel (voir mes fiches de synthèse sur ces points).

Un rappel des schémas narratif et actanciel à l'œuvre dans tout récit :

- Le schéma narratif :

Globalement, un schéma narratif comporte les éléments suivants :

1) Une situation initiale : le lecteur découvre les éléments essentiels qui lui permettront de poursuivre sa lecture sans être perdu : lieu ; temporalité, très vague dans le conte (cf. la fameuse formule : "il était une fois") ; personnages (en nombre réduit dans le conte et très symboliques).

2) Un élément perturbateur ou élément déclencheur : il va lancer l'intrigue. Quelque chose se passe, plus ou moins brutalement. L’équilibre initial disparaît. Cela peut être une rencontre merveilleuse dans le conte ou un sort jeté par une méchante sorcière.

3) Des péripéties se succèdent en nombre variable et dans un ordre choisi par l’auteur. L'univers est féerique dans le conte, tout peut arriver, la plus grande fantaisie est de mise.

4) La fin : heureuse dans le conte de fées, elle est attendue et espérée par le lecteur dès le début du conte, généralement le mariage des deux héros. Mais des surprises sont possibles : une transformation-choc de l'héroïne en grenouille, pourquoi pas ?

- Le schéma actanciel :

- Le sujet :  c’est le personnage principal du récit, celui qui accomplit les actes les plus marquants, celui auquel on s’intéresse généralement davantage et qui est présent tout au long du récit. Il sera très stéréotypé dans le conte.

- L’objet : c’est ce que vise le sujet dans sa quête, ce qu’il souhaite atteindre ou acquérir. C’est son désir qui génère le récit. Sa nature est diverse, humaine, matérielle ou abstraite. Cela peut être la main de la belle princesse dans le conte.

- Le destinateur : ce sera l’inspirateur du sujet, la force agissante ou le personnage qui vont susciter en lui le souhait de parvenir jusqu’à l’objet de sa quête. Ce sera par exemple l'amour, la beauté de la jeune fille qui suscite le désir du prince, un ordre du roi, etc. dans le cadre du conte.

- Le destinataire : ce sera celui qui bénéficiera des efforts du sujet pour parvenir à son but. Il s’agira d’un personnage qui peut être le sujet lui-même s’il est le bénéficiaire de son action.

- L’opposant : si le sujet a des alliés, il a également des adversaires qui s’opposent à ses désirs. Ce sont ses opposants. Là aussi, il peut s’agir de personnages du récit mais aussi de concepts, de sentiments, d’animaux ou d’objets. Cela pourra être naturellement des créatures imaginaires dans le conte, licornes ou autres, très manichéennes.

J'insiste sur un point : avant de passer à l'élaboration de votre récit, il est conseillé de déterminer avec précision votre objectif : voulez-vous entraîner vos lecteurs dans un univers féerique où la magie est reine ? Voulez-vous effrayer vos lecteurs, raconter des événements terrifiants ? Voulez-vous instruire les enfants, les amuser, transmettre une théorie ou une conception du monde qui est vôtre ?

Tout cela correspond à la forme choisie : sélectionnez le type de conte que vous voulez écrire : conte de fées, conte philosophique, conte noir, conte étiologique, etc. (voir ci-dessus les différentes formes de contes).

Ensuite et ensuite seulement, vous élaborez un schéma narratif qui servira de base à la rédaction de votre récit.

Bonne écriture à tous !

Céline (pseudonyme de Laurence C.)

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