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 Lettre à Arthur Rimbaud [Lettre fictive]

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celineb

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Date d'inscription : 21/09/2017
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MessageSujet: Lettre à Arthur Rimbaud [Lettre fictive]   Jeu 28 Sep - 8:29

Monsieur Paul Munier, Le Caire, Egypte
à
Monsieur Arthur Rimbaud, Harar, Ethiopie

                                                                                                                                                                                                                 
                                                                                                                          Le Caire, le 21 janvier 1881
   
   
   Monsieur,

       Considérez que je vous adresse ce courrier en toute confidentialité. Je m’explique : j’ai entendu parler de vos activités dans la succursale éthiopienne de notre concurrent au Harar, Monsieur Pinchard. Vous occupez une place auprès de cet estimé négociant qui ne correspond nullement à vos talents. Vous le secondez en effet et êtes chargé des tâches les plus ingrates.

       Je sais que vous avez dû dans le cadre de vos fonctions mettre sur pied une caravane chargée de marchandises qui a traversé les terres africaines sur plus de trois cent cinquante kilomètres. Courageusement, vous avez traversé le territoire des Issas au péril de votre vie. Après environ trois semaines à cheval, vous êtes parvenu au but et avez pu livrer à votre patron les denrées dont vous aviez fait l’acquisition : café, ivoire, musc et parfums divers.

       En ce moment, vous tenez la comptabilité de votre entreprise et gérez le grand livre des comptes. Ces activités comptables, je le sais de source sûre, vous ennuient profondément.

       Par ailleurs, je ne suis pas sans savoir que malheureusement, le climat éthiopien ne vous réussit pas du tout et que les fièvres vous assaillent.

       Je serai direct : je vous suggère de quitter votre emploi actuel immédiatement, en prétextant une obligation urgente, comme par exemple le décès d’un proche dans votre famille qu’il vous faudrait rejoindre sans délai pour assister à l’enterrement. Vous vous rendrez au Caire où je vous propose une fonction qui, j’en suis sûr, est de nature à vous plaire.

       Il s’agit en effet de diriger la plus grande fabrique d’objets manufacturés de la région. Vous serez directeur de cette entreprise, statut qui correspond pleinement, je le sais, à vos ambitions et à vos capacités. Vous aurez carte blanche pour la diriger à votre gré.

       Qu’en dites-vous ? Il est évident que votre salaire futur correspondra à vos nouvelles responsabilités, il sera le triple de celui qui vous est versé actuellement.

       Vous voyez que je sais beaucoup de choses sur vous, cher Monsieur Rimbaud, votre réputation a dépassé les frontières de l’Ethiopie. Répondez-moi vite, nous vous attendons !

Bien cordialement,
Paul Munier, Directeur LPH-Négoce

Sources de la lettre fictive : article Wikipédia "Arthur Rimbaud" et en particulier ce passage :
"Après avoir débarqué à Steamer Point, le port franc anglais d’Aden, Arthur Rimbaud entre en contact avec Dubar, adjoint d’Alfred Bardey (parti explorer le continent africain pour implanter une succursale). Après quelques jours d’essai, il est embauché le 15 août 1880 comme surveillant du tri de café. « Aden est un roc affreux, sans un seul brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne : on boit de l’eau distillée. La chaleur y est excessive. ». Ayant le sentiment de se faire exploiter, Rimbaud compte partir à Zanzibar ou sur les côtes d’Abyssinie après avoir gagné suffisamment d’argent. Revenu en octobre, Alfred Bardey lui propose de seconder Pinchard, l’agent du comptoir qu’il vient d’établir au Harar, une région d’Éthiopie colonisée par les Égyptiens. Un contrat de trois ans (1880-1883) est signé le 10 novembre. Accompagné du Grec Constantin Rhigas, un employé de Bardey, il effectue la traversée du golfe d’Aden les jours suivants.

Premier séjour au Harar (1880-1881) :
En terres africaines, Rimbaud et son acolyte forment une caravane pour transporter des marchandises pour le Harar. Ils doivent parcourir trois cent cinquante kilomètres : traverser le territoire des Issas — réputés belliqueux — puis entrer dans celui des Gallas où les attaques ne seront plus à craindre. Les portes de la cité fortifiée de Harar sont franchies en décembre « après vingt jours de cheval à travers le désert somali », ils sont accueillis dans l’agence Bardey par l’agent Pinchard et un autre employé grec, Constantin Sotiro. La tenue des comptes et la paie des démarcheurs lui sont imparties. Le 15 février 1881 il relate aux siens en quoi consiste le commerce : « [des] peaux […], du café, de l’ivoire, de l’or, des parfums, encens, musc, etc. », leur fait part de ses déceptions : « je n’ai pas trouvé ce que je présumais […] Je compte trouver mieux un peu plus loin ». Se plaint aussi d’une maladie qu’il aurait « pincée »".

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MessageSujet: Re: Lettre à Arthur Rimbaud [Lettre fictive]   Sam 30 Sep - 16:25

bien mené, bravo
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celineb

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MessageSujet: Re: Lettre à Arthur Rimbaud [Lettre fictive]   Sam 30 Sep - 18:33

Merci beaucoup !

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MessageSujet: Re: Lettre à Arthur Rimbaud [Lettre fictive]   

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